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MELY.F@B

Fab Fabscorpion :

"- Raconte-moi cette histoire d’amour impossible entre ces deux esprits invisibles qui dans une gare désaffectée, sont morts de ne s’être jamais rencontrés ..."

Melysandre Marie-Laure Vanhulle :

"- Deux âmes battent la campagne, entre chien et loup. Le soleil couchant comme tableau flamboyant  leur offre un horizon de feu où se perdent leurs yeux ! Les Tournesols s'inclinent à toucher la terre, ils ne veulent être les témoins silencieux de la nuit qui vient. Une odeur d'humus et de fleurs s'élève, emplissant l'air de milles parfums. A l'abri de ces vieux murs décrépits par le temps remparts lugubres qui se dressent à ciel ouvert. Encore plein de mémoires anciennes offrent à ces deux fantômes, un abri de fortune. Une délicate mise en bouche d'un décor parfait. Le ciel étoilé forme une voûte curieuse de ce qui va s’y dérouler.  Les étoiles sont comme des milliers d'yeux qui épient le moindre de leurs gestes. Sur le sol, des bougies posées font danser sur les murs les ombres démultipliées. Seuls les bruits de la nuit et le hululement lointain d'une chouette effraie Ils n'échangent mots, leurs regards parlent pour eux ! Ils s'improvisent un frugal repas. Elle tremble, non de peur, mais elle sent le froid qui s'immisce en elle. Ce froid humide qui monte des terres, lorsque le jour décroit. En elle, un combat se joue entre déraison et raison. Elle se demande un bref instant ce qu'elle fait là. Mais il lui suffit de plonger ses yeux dans les siens pour que les derniers bastions de ses réticences s'évanouissent ! Demain ils ne feront plus qu'un. D'elle, il attend un bien précieux ; un hydromel corporel qui fait battre les tempes et rompre les cœurs ! Son essence rubis qui coule dans ses veines, la nuit se fait silence. Le fera t’elle ?  Il lui rappelle son serment, ce pacte fraternel de ces deux âmes. Depuis la nuit des temps. Il ne la forcera pas. Ce don doit être offert pour qu'il puise tout son pouvoir ! Elle regarde une fois encore le ciel. La présence de la Lune la rassure et l'apaise. Il lui a juré qu'en rien, elle ne souffrirait. Qu'avec les jours passant les traces disparaitraient. Elle sent son cœur battre, ses mains son glacées. Dans un regard de consentement, elle lui laisse son bras. Sans la quitter des yeux, il approche ses lèvres et dépose un chaud baiser. Sur la peau fine et pâle de cet avant bras offert. De la pointe d'un couteau finement affuté il trace un sillon, s'écoule alors un filet du précieux liquide. Dans un dernier regard, il la mord légèrement. Elle est comme saoulé, absente mais consciente. Elle ressent cette impression étrange d'être bue. Sous elle, ses pieds manquent de se dérober.  Saura t-il s'arrêter ? Le temps s'est arrêté ! Il lui fait un garrot de fortune, ses yeux brillent dans la nuit ! Il l'embrasse tendrement. Elle est en lui. Surement par ce que le Grand Contrôleur en avait décidé autrement, qu'aveuglé par leur si bel amour, ils en avaient oublié que sous les rails, coulait dans les entrailles de la gare, un tunnel sombre et froid. Que si un seul instant à la réalité ils étaient revenu, que de vouloir à tout prix voyager dans un monde de chimère ! L'un où l'autre, où les deux a la fois, se seraient quittés des yeux, pris ce boyau froid,  et pour la vie aurait étaient réunis. Mais sur leur quai, chacun est resté. A retentit le coup de sifflet. Les "Serpents de fer" sont alors arrivés. A travers les fenêtres, ils ne se sont pas quittés du regard. Mais dans un soubresaut infernal de métal, la réalité soudain les a rattrapés. Et a tombeaux ouvert les a mené, dépités, vers une certaine destiné. Le grand contrôleur à rangé son sifflet ;  même s'il savait que ces deux là étaient fait l'un pour l'autre ; impartial dans le grand jeu de la vie, ne pouvait intervenir ! Mais lui sait que d'autres voyages il y aura, dans cette vie où dans une autre,  ils se retrouveront. Sur un quai de gare où ailleurs car ainsi est fait le grand voyage de la vie. « Rien ne se perd tous se gagne » à qui veut bien "rêver éveiller". Pour l' heure, ne restent des grands " Serpent de fer" que quelques fumées qui s'évaporent au lointain. La Légende où la mythologie n’est que la réalité enjolivée.  Pour qu'il y ait un feu il faut l'étincelle ; elles sont le costume d'apparat de l'Histoire.  La trame des souvenirs..."

Fab Fabscorpion :

"- Le conte raconte aussi qu’il faut du temps pour faire le tour de soi même et plus encore pour deux entités sans identité. Le contrôleur savait que le train repasserait. Il n'avait qu’à attendre devant son verre de thé. Durant que les deux fantômes leurs chaînes trainaient par dessus les montagnes les rivières ; par dessous les campagnes et les mers. Plus l'horloge rouillait et plus ils vécurent et connurent leurs propres aventures, construisirent leur armure et brisèrent les murs. Invisibles dans le visible, ils n'avaient de cible que le long câble de terre sur lequel les serpents rampaient et le soupir d'un étrange souvenir. Ils ne pouvaient sauter en marche. Chacun parti dans la direction opposée, plus ils s'éloignaient et plus ils se rapprochaient. . Contradictoire mais logique ! De mémoire, le conte raconte que la terre est ronde. Le conte raconte aussi que quand le monde fut conquit et l'histoire écrite, la rencontre se fait un soir tard sous la lune rouge. Dans la gare brumeuse, le contrôleur. Assis sur le bac de bois. Il se lève. Regarde la pendule inerte sur le mur. Il contemple gauche et droite. Rien, si ce n'est le cri des mouettes muettes. La mer est calme. Le contrôleur prend sa dernière bouffée et écrase son joint dans sa main. L’eau se réveille La vague arrive. C’est le moment. Le contrôleur porte le sifflet à sa bouche, quand sur le quai arrivent silencieusement les deux serpents. Le contrôleur siffle. « Attention entrée en gare. » La boucle y est ; tel bouclier, les deux serpents ont stoppés leur mouvement. Au travers de la fenêtre IL l'a voit assise. ELLE le regarde. Les serpents avalent d'autres passagers et repartent silencieusement. La gare se remplit du rien qui respire en cadence. Séparés par les rails de sable, IL la regarde. Elle le regarde. Immobiles. Le contrôleur s'est envolé sur le clocher. La lune brille et les étoiles scintillent en instance. Immobiles. Regard dans les yeux. ILS ne sont plus que deux. Fini la foule, fini la houle. Le silence hurle. Ici dans l'instant à l'heure où les réalités enjolivées ne sont que des légendes mytho-logifiées ; dans cette gare invisible tout est inversé. Ici où le feu fait l'étincelle et où l'imagination est la trame du souvenir. Ici, face à face, l'un devant l'autre, enfin le serment devient vraiment servant. IL ne plus voit qu'Elle. Elle ne voit plus que Lui .. Il tend la main Elle touche ses doigts. L'énergie les absorbe dans sa robe. Ils fusionnent, se transforment et pour le ciel déploient leurs ailes. Ils sont devenus des anges.  Dans l'étrange, des êtres anges. Dans la légende ils sont un mythe. Dans les songes, Ils sont un écrit sans cri.  Dans la réalité ils sont déssinés  ...    ICI .. Ils sont cet humble conte .. Cette simple image .. "

un conte co-écrit à distance sur fbook

 Melysandre  Melysandre Marie-Laure Vanhulle    &  Fabscorpion fabfabscorpion    

 Nuit du 30/31 08 2010



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